Décès de Laurence Bougault | Association Internationale de Stylistique

Décès de Laurence Bougault

par Présidence AIS ~ 2 novembre 2018. Classé dans: Non classé.

Nous venons d’apprendre avec une très grande tristesse la nouvelle de la disparition de Laurence Bougault, à l’âge de 48 ans.

Laurence était notre amie, notre collègue de l’université de Rennes et nous regrettons son énergie communicative, sa curiosité critique, son enthousiasme théorique, sa générosité.

À l’origine de l’AIS, qu’elle avait fondée en 2004 pour rassembler les stylisticiens et mieux faire connaître leurs travaux, elle a largement contribué à donner à cette discipline la consistance d’un champ de recherche.

Auteure d’une œuvre remarquable portant sur les liens entre syntaxe et signifiance en poésie contemporaine et plus largement sur la question des valeurs dans le texte littéraire, elle était aussi poète, romancière, peintre, aventurière à cheval et érudite.

Nos pensées vont à son fils, ses parents, sa famille et ses amis.

Judith Wulf, présidente de l’AIS

2 Réponses à Décès de Laurence Bougault

  1. Favriaud Michel

    Je découvre moi aussi la mort de Laurence. Nous n’étions pas des familiers, mais nous avions eu de belles rencontres. Elle avait pensé un moment candidater sur un poste de professeure à Toulouse, ville où elle avait étudié, je crois. Elle avait communiqué avec moi pour préparer son voyage en Iran à cheval, mais, quoique connaissant pas mal ce pays, je n’étais pas en mesure de répondre à ses questions sur les routes, les gîtes campagnards, le foin, l’avoine… Elle en savait assurément plus que moi sur les races de chevaux vivant en Iran ! Voyage hardi, qu’on déconseillerait à n’importe qui, que je la savais capable de réussir. Je ne sais pas si elle l’a fait, n’ayant pas eu de nouvelle depuis. Si oui, on a dû là-bas la protéger, elle a dû y faire de splendides rencontres, de celles que, quoique parlant un peu farsi, je ne pourrai jamais faire.

    Oui, ce rapport entre poésie, langue et syntaxe, poésie et vie, nous rapprochait fortement, et ce goût pour la poésie francophone contemporaine.

    Michel Favriaud

  2. Ridha BOURKHIS

    Chers amis de l’AIS, je suis désolé d’avoir mis sur votre site 3 versions du même témoignage. C’est qu’après chaque envoi, je découvre des coquilles ayant échappé à ma vigilance. et voici s’il vous plaît enfin la version corrigée que je vous propose de mettre sur votre site en hommage à Laurence. MERCI.

    « Je serai heureuse jusqu’au bout malgré les douleurs physiques, car la vie est merveilleuse »
    Je viens juste d’apprendre, quelque peu tardivement, grâce à l’annonce de Judith Wulf publiée sur le site de l’Association Internationale de Stylistique, l’extinction, en novembre dernier, de Laurence Baugault (48 ans) qui m’avait déjà appris, par elle-même, Vendredi 24 août, qu’elle était gravement malade et qu’elle était « bientôt en partance » (c’est l’expression qu’elle m’avait écrite dans son mail ). « J’ai toujours aimé le péril, avait-elle ajouté, celui ci (sa maladie) est assez intense mais ne me chagrine pas. Je profite de chaque seconde. ». Juste ces mots et quelques autres tout aussi sereins et pénétrants, puis plus rien ! Je pensais à elle de manière discontinue. Je pensais aussi à mon ami Nebil Radhouane qui était en train de partir, comme elle, éprouvée par la même maladie tenace. J’étais dans le doute. Personne n’a eu l’idée de m’avertir à temps de son départ très regrettable. C’est incroyable ! Mon bel univers de stylistique et de poésie se dépeuple de plus en plus et à un rythme vif et étonnant : Georges Molinié, Joëlle Gardes Tamine, Nebil Radhouane puis Laurence Beaugault : tous se connaissaient bien, meublaient par leurs productions et leurs mails une partie de ma vie, une partie de ma culture, une partie de mon bonheur. Tous sont morts suite à un long combat contre cette maladie arbitraire et aveugle dont on peut facilement deviner le nom et imaginer les désastres et les ravages. Laurence était venue au colloque que j’ai organisé, à Sousse, sur « l’émotion poétique », les 1, 2 et 3 mars 2007. Elle était vive, brillante et belle. Un bel homme l’accompagnait, Julien ! Il y avait de la joie, il y avait de l’amour en l’air. Son enfant y était venu aussi, il s’appelle « Loup », et ma femme et moi l’avons aimé. Il avait joué avec notre fille Yasmine qui avait presque son âge. Laurence était heureuse. « Je serai heureuse jusqu’au bout malgré les douleurs physiques, car la vie est merveilleuse », m’avait-elle écrit dans cet ultime mail du 24 août 2018. Depuis ce colloque, nous nous sommes écrits amicalement, pas vraiment beaucoup, de temps en temps, et elle m’a offert sa poésie de qualité où l’on peut découvrir une femme sensible et profonde aux prises avec l’amour et la vie. « Eclats » est le titre de l’un de ses recueils de poèmes : « Eclats/ Ce qui blesse, qui agresse l’œil/ Ce qui se fige dans les chairs moroses /Ce qui éclaire puis retombe dans la nuit/ Telles sont les paroles qui cherchent à venir/ Irriguer sans tarir /Eclats de ce qui échappe/ ». Dans un papier publié dans « La Presse de Tunisie », j’ai élogieusement parlé de ces sublimes « Eclats » de Laurence qui portent « une lumière soudaine et sensuelle, fugace comme une émotion, peinte sur un fond de nuit et qui jaillit dans ces villes de grande solitude hantées par une mort sournoise et silencieuse, cachée pour les yeux, que Rimbaud aime à nommer « La mort sans pleurs » : « La mère est triste/ Elle ne sait pas pleurer/ L’enfant pleure/ A la place de la mère… ».
    J’ai ici une grande et affectueuse pensée pour son fils « Loup » que j’ai connu enfant, lors de cet inoubliable colloque international de Mars 2007 où étaient venus aussi Michel Collot, Brigitte Buffard-Moret, Samia Kassab Charfi, Alia Baccar, Agnès Fontvieille, Philippe Zard, le poète Lionel Ray et d’autres. Quel destin marquant pour cet enfant qui –m’avait-elle écrit- « a 15 ans et doit devenir un homme bien trop tôt mais il est formidable » !
    Sincères condoléances à Loup, à ses parents, à Judith Wulf, sa collègue et son amie et à l’AIS. Qu’elle repose en paix !
    Ridha Bourkhis
    FLSH- Université de Sousse, Tunisie.
    Le 22 janvier 2019
    Quelques ouvrages et articles de Laurence Bougault
    Ouvrages universitaires

    1. 2005 : Poésie et réalité, essai tiré de la thèse de doctorat Cosmos et logos dans la poésie moderne, l’Harmattan, 396 p.
    2. 2009a : Dir. de Guillevic et la langue, acte du colloque Guillevic et la Langue, Rennes, à paraître aux éditions Calliopées, 250 p.
    3. 2010 : Co-dir. de Stylistiques ?, PUR, 503 p.
    4. 2011 : Co-dir. de Lorand Gaspar et la langue, éditions styl-m de l’AIS, 285 p.
    5. 2011 : Dir. Formes et normes en poésie moderne et contemporaine, publication en ligne sur http://www.styl-m.org/pdf/Bougault:WulfFORMESETNORMES.pdf
    6. 2014 : Co-dir. Le style, découpeur du réel, PUR, 2014.
    7. 2015 : Dir. Vocabulaire équestre, éd. Cheval-Culture, 208 p.

    Recueils de Poésie et romans

    1. Le Grand Jouir, recueil poétique, Le Rewidiage, 1998.
    2. Éclats, recueil de poèmes publiés avec le concours du CNL, éditions du Sandre, 2003.
    3. Les Métamorphoses de l’Amour-Cheval, roman, éd. Cheval-Culture, 2010.
    4. Éclats de chevauchées & Poèmes d’Amour-Cheval, éd. Cheval-Culture, 2012.

    Ouvrages autour du cheval

    1. Sous l’oeil des chevaux d’Afrique, Belin, 2003.
    2. Chevaux entiers et étalons, mieux les connaître, mieux les comprendre, éd. Du Rocher, 2009.
    3. La Liberté du Centaure, petit traité sur le coyage à cheval, Transboréal, 2010.
    4. Amazone de la Paix, tome 1 et 2, éd. Cheval-Culture, 2013.
    5. Approches linguistiques du vocabulaire équestre, éd. Cheval-Culture, 2015.
    6. Égo-dictionnaire du cheval, Éditions Dumane, 2017.

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