Auteur/autrice : Bérengère Moricheau-Airaud

  • Discours et Pratiques de l’écriture écologique : territoires et préservation de l’avenir

    Atelier 13 du Colloque 2024 de l’APFUCC
    Du 15 au 19 juin 2024
    Université McGill
    Montréal, Québec, Canada

    Date limite pour la réception des propositions de communication : 15 janvier 2024

    https://apfucc.net/congres-2024/ – Lien vers l’appel (PDF)

    Responsables d’atelier

    Rony Devyllers Yala Kouandzi, Université Marien Ngouabi, Congo
    Fabiola Obame, Université Paris 8

    Argumentaire

    La littérature témoigne de la réalité, du vécu des humains. Elle participe de leurs différents combats idéologiques, face aux grandes crises de l’Histoire, notamment politiques, économiques, socioculturelles, environnementales, car comme le souligne R. Barthes (1953,  p.15) « L’écriture est un acte de solidarité historique […] le rapport entre la création et la société […] la forme saisie dans son intention humaine et liée ainsi aux grandes crises de l’Histoire». À l’heure où l’humanité se trouve confrontée à des périls environnementaux, « La volonté d’agir très concrètement en faveur d’un environnement menacé s’exprime chaque jour avec plus de force » (P. Schoentjes, 2020, p.141). Aussi, les écrivains et écrivaines, soucieux et soucieuses de nos avenirs, produisent des ouvrages écologiques, pour alerter, informer et fédérer les consciences autour du combat écologique, pour le salut de tous et toutes. C’est le cas de Alice Ferney (Le Règne du Vivant, 2014), Henri Djombo (Le cri de la forêt, 2015) et Lionnel Daudet (Très haute tension, 2018). En effet face aux différents changements naturels relevés et à la déferlante des catastrophes qui s’abattent sur le monde du fait de tremblements de terre, de tsunami, de changements climatiques, de sécheresse, d’inondations spectaculaires inédites, de pollution, de risques d’extinction des espèces animales, etc.-, ils et elles n’hésitent pas à thématiser les menaces qui pèsent sur la planète.

    Pour Hubert Zapf, la façon dont est abordée l’écologie dans les environnements littéraires ouvre la voie à la diversité. Dans Literature as Cultural Ecology (2016), il fait état du versant écologique de la littérature qui, dans un registre culturel, se révèle être le lieu d’émergence d’un renouveau culturel parce qu’elle est, en même temps, l’espace où se déconstruisent les déséquilibres culturels et où ils se régénèrent. Pour comprendre cet état de fait, il faut noter que d’une part, la littérature offre un éclairage aux cultures mises à l’écart pour des motifs historiques et politiques ; d’autre part, elle donne vie à l’imagination culturelle, dans toute sa diversité et sa complexité, par le biais du langage. De la sorte, ce qui est livré dans le texte littéraire, c’est donc une manière de repenser un avenir commun en tenant compte des écologies culturelles dans leurs différentes formes.

    De ce fait, en s’appuyant sur l’idée que la trajectoire culturelle d’un groupe est liée à la terre, il est nécessaire que la prise de conscience écologique passe d’abord par les cultures locales pour espérer influer sur les cultures globales, étant donné que chaque culture et chaque peuple cultivent un rapport différent à la nature. L’apport de la culture est de façonner le citoyen écologique en instillant (à nouveau) le goût de la nature en chaque homme et en explorant les pistes pouvant mener à une meilleure cohabitation avec l’environnement naturel. Plus précisément, l’enjeu est de réfléchir aux moyens proposés par les œuvres littéraires pour préserver les espaces de vie de demain et de définir les termes d’une politique de la réconciliation de l’environnement naturel où la culture serait au service de la nature. Dès lors, les caractéristiques intrinsèques aux écologies locales doivent être dynamisées étant donné qu’elles rendent compte, elles aussi, d’une politique écologique et d’une conception universalisante de l’écologie. Dans cette optique, la prise en compte des cultures des communautés noires et autochtones sera privilégiée, car ces cultures ouvrent une perspective vers un autre point de vue, à savoir, celui du regard que portent ces minorités sur la nature.

    L’objet du présent atelier est de rendre compte des discours écologiques mis en circulation dans les textes littéraires en lien avec les questions de territoire et de préservation des espaces et des cultures, ainsi que des différentes modalités de leur expression.

    A titre indicatif, les différentes communications pourraient s’inscrire dans les axes de réflexion ci-après :

    • Le rapport de l’humain à l’environnement
    • La représentation de l’environnement
    • L’expression de l’écologie 
    • Écologie et monde de demain
    • Écologie et décolonisation
    • Écologie et diversité
    • Écologie et universalisme
    • Écologie et culture

    Modalités de participation

    Date limite pour l’envoi des propositions (titre, résumé de 250-300 mots, adresse, affiliation et notice bio-bibliographique de 150 mots) à obamefabilola@gmail.com et à ronydevyllers@gmail.com avant le 15 janvier 2024. 

    Le colloque annuel 2024 de l’APFUCC sera en personne. Il se tiendra dans le cadre du Congrès  annuel de la Fédération des sciences humaines du Canada et la Fédération n’offre pas de soutien pour des interventions en ligne cette année.

    Les personnes ayant soumis une proposition de communication recevront un message des  personnes responsables de l’atelier avant le 30 janvier 2024 les informant de leur décision. L’adhésion à l’APFUCC est requise pour participer au colloque. Il faut également régler les frais de participation au Congrès des Sciences humaines ainsi que les frais de conférence de l’APFUCC. De plus amples informations vous seront envoyées à ce sujet. Vous ne pouvez soumettre qu’une seule proposition de communication, présentée en français (la langue officielle de l’APFUCC), pour le colloque 2024.

    Bibliographie indicative

    Barthes Roland, Le degré zéro de l’écriture, Paris, Seuil, 1972.
    Daudet Lionnel, Très haute tension, Paris, Stock, 2018
    Djombo Henri, Le cri de la forêt, Paris et Brazzaville, LC Éditions et Éditions Hemar, 2015.
    Ferney Alice, Le règne du Vivant, Paris, Actes Sud, 2014.
    Peytavin Jean Louis, « Avant-propos : les discours de l’écologie », Discours de l’écologie in Quaderni, 1992, n°17, p.65-66.
    Schoentjes Pierre , Ce qui a lieu, essai d’écopoetique, Wildproject, 2015.
    Littérature et écologie, Editions Corti, coll., Les Essais, 2020.
    Zaph Hubert, Literature as Cultural Ecology. SustainableTexts. London : Bloomsbury Publishing, 2016.

  • Styles du roman policier

    18 et 19 janvier 2024

    Salle Pierre Albouy, Grands Moulins

    Colloque organisé par V. Berthelier, D. Rabaté et M. Vervel

    https://u-paris.fr/cerilac/colloque-styles-du-recit-policier/

    Programme

    Jeudi 18 janvier : Du style de genre au style d’auteur               

    MATINÉE : Le style, une entrée pour penser le genre policier ?

    Dominique Rabaté : Ouverture du colloque – du style du polar

    Natacha Levet : Du polar amerloque au roman de langue verte : enjeux génériques du style « roman noir »

    Laetitia Gonon : Quête d’invariants stylistiques du roman policier. L’exemple du moment de « frisson ».

    APRÈS-MIDI : Polar et style d’auteur                    

    Nicolas Le Flahec : Le style, « source de joie » » chez Manchette

    Gilles Magniont : Donald Westlake, ou l’art de minorer

    Pierre-Olivier Toulza : Un millefeuille sonore : la bande-son des films policiers de Jean-Pierre Melville, entre stylisation et mélancolie générique

    Arnaud Huftier : La récriture au principe d’une réinvention formelle : l’exemple de Steeman

    Vendredi 19 janvier : Questions de légitimitation, enjeux idéologiques                     

    MATINÉE : Rapports au style d’un « mauvais genre »

    Benoît Tadié : Le style de Black Mask

    Gérald Peloux : De la « fausse réputation » d’Edogawa Ranpo : quand un écrivain s’inquiète de l’influence de son style

    Stéphane Pouyaud : Parodier le « style » policier – Bello, Robbe-Grillet, Chevillard, Echenoz

    APRÈS-MIDI : Style et politique du polar              

    Marc Vervel : Meckert/Amila : schize du style, style de la schize

    Vincent Berthelier : La référence célinienne dans le roman noir d’après-guerre

    Lucie Amir : L’énonciation dans le polar français contemporain

  • Lecture sur le fil par Cécile Narjoux : Corps flottants, de Jane Sautière

    Ce vendredi 22 décembre, dans le cadre de Lectures sur le fil, nous écouterons : Cécile Narjoux sur Corps flottants, de Jane Sautière (2022).

    Quand ? vendredi de 14h à 15h30.
    Où ? 
    – En présentiel (Bibliothèque de l’UFR de langue française, sur réservation)
    – Et/ou par zoom : https://u-paris.zoom.us/j/88243619565?pwd=ci9oNVErOFZ1OGxFalU1RjlUZ0Mydz09 (ID de réunion: 882 4361 9565 ; Code secret: 01092023)

    Retransmission : en podcast par le Service culturel de la Sorbonne, il est possible de s’abonner : https://shows.acast.com/lectures-sur-le-fil/

    Versions écrites des communications consultables sur Fabula : https://www.fabula.org/colloques/sommaire7308.php

    Le prochain rendez-vous est le 26 janvier 2024 : nous écouterons Claire Stolz, sur Une façon d’aimer de Dominique Barbéris (2023), en présence de l’autrice.

    Florence Leca-Mercier et Cécile Narjoux 

  • De quelles voix sommes-nous fait.es ? Oralités et discours rapportés Histoire, formes et pratiques

    9e COLLOQUE INTERNATIONAL ET INTERDISCIPLINAIRE CI-DIT à Wroclaw (Pologne)

    30 septembre – 2 octobre 2024

    organisé par

    L’Institut d’Études romanes de l’Université de Wrocław, Pologne

    en coopération avec

    l’Université de Varsovie, le Centre des Recherches interdisciplinaires Université de Wrocław & Université Adam Mickiewicz et l’Université de Lviv

    Appel à communication (PDF) sur le site ci-dit.com.

    Date limite d’envoi de propositions : le 31 décembre 2023 simultanément aux adresses : joanna.jakubowska@uwr.edu.pl et elzbieta.biardzka@uwr.edu.pl.

    Argumentaire

    Remettre l’oralité et les formes du discours rapporté au centre de nos préoccupations, pourquoi ce choix ? Après des colloques Ci-dit consacrés notamment aux genres numériques (davantage dans leur dimension scripturale) et aux supports matériels graphiques, il nous a semblé important de réinterroger les imaginaires et les formes des oralités contemporaines en rapport avec la circulation et l’impact des discours. Paroles, audio, voix, expressivité, accent, tonalité, musique, intonation, éloquence, sociolecte, idiolecte, grossièreté, verve, bagou : comment toutes ces formes se « rapportent»-elles, dans quels contextes ? Comment contribuent-elles aux dimensions visuelle et sonore du discours rapporté ?

    Une poésie déclamée lors d’une investiture présidentielle, des slogans politiques inédits scandés et dansés, des registres sociaux qualifiés de « populaires, populistes, vulgaires, triviaux » utilisés comme des appels d’oralité dans la parole politique comme dans les chansons ou les romans des transfuges sociaux, le « lyrisme gueulard » et dialogique de Virginie Despentes comme contre-discours contestataire ? (Rosier à paraître)…, l’oralécrit (Garcea & Bazzanella 2002) dans le cyberespace, autant de formes de circulation de discours s’appuyant sur des représentations de l’oralité construites historiquement. De même pour un domaine déjà balisé par les travaux de Ci-dit (notamment Marnette 1998, 2005, Verbum 28.1/2006, Faits de Langue 19/2002, etc.), la parole médiévale, selon l’expression consacrée de Bernard Cerquiglini (1981) tout comme l’orature de Paul Zumthor (1975) ont puisé aux sources d’une conception de l’oralité comme performance et mise en rapport de voix. Beaucoup de ces textes étaient en effet chantés : aujourd’hui la chanson exploite-t-elle encore la voie des voix, des mises en scène vocales et du discours d’autrui ? On sait par ailleurs que l’image de l’oralité rapportée s’ancre dans une parole représentée comme marquée socialement et formellement « populaire » (lexique, syntaxe) provoquant un effet de rupture face à la langue classique des convenances, même si les représentations des parlers des classes dominantes existent notamment chez les humoristes (Paveau 2008, Rosier et Paveau 2008).

    Comment la littérature contemporaine en langue française problématise-t-elle la « retranscription fictionnelle » d’une parole populaire authentique, sans trahir ? Et que fait-elle des autres oralités ? Comment les dirigeant.es politiques tout comme les militant.es pensent-ils l’oralisation et l’incarnation de leurs discours politiques dans l’univers francophone ? Du côté de la traduction et de l’interprétation, les débats sur les personnes adéquates pour « porter » la voix (au sens de la traduire) relèvent de cette problématique plus générale de la figure du ou de la porte-parole : qui a la légitimité de « rapporter » un discours collectif au nom de qui, de quelles voix (dominés, subalternes, sans-voix, autres espèces…) ? Du côté de l’interprétation juridique, comment le DR traduit-il oralement un échange multilingue, dans le cadre des audiences et des procès mais aussi des négociations de contrat (y compris lors des mariages mixtes) ?

    Pour baliser nos questionnements nous lancerons quatre pistes qui animeront les discussions de ce colloque :

    1. Oralités, DR et discours politique

    On questionnera les façons de rapporter la parole des migrant.es, des sans-voix, des militant.es, les manières de l’intégration de paroles de guerre et de paix dans différents récits. On s’intéressera au discours comique et autres détournements de la parole politique, notre attention portera également sur les nouveaux styles parlés et représentations iconiques de la parole politique dans les discours numériques.

    2. Oralités, DR et traduction

    Les voix, disparaissent-elles, se reconfigurent-elles ou s’augmentent-elles dans la traduction ? Nous nous intéressons aux voix accueillies dans le discours littéraire, mais aussi dans d’autres discours (journalistique, juridique, numérique, de scolarisation, légendes urbaines…).

    3. Oralités, DR et genres discursifs

    Les genres de discours, dans leur diversité, peuvent être abordés et caractérisés par la place qu’ils font et la forme qu’ils donnent à la représentation de l’oral. Comment les voix retentissent-elles dans différents genres de discours, y compris la chanson,comment contribuent-elles au marquage du genre discursif dans lequel elles fonctionnent? Se distinguent-elles par leur place «statutaire» dans le genre de discours qui « tient lieu » d’un autre discours (compte-rendu de réunion, procès-verbal, minute de procès, live tweet de procès) ?

    4. Oralités, DR et pratiques diachroniques

    L’axe diachronique restera, comme d’habitude, dans les préoccupations du groupe Ci- dit : l’évolution des formes et des pratiques de la citation sera encore une fois au cœur de nos réflexions dans différents genres discursifs, avec notamment la chanson et les pratiques/praxis/formes de discours rapportés. Nous irons de la chanson de geste et poésie lyrique médiévales à l’inter-discours « mis en voix » dans la chanson contemporaine, nous suivrons le parcours de la « vive voix ».

    Calendrier

    Date limite d’envoi de propositions : le 31 décembre 2023 simultanément aux adresses : joanna.jakubowska@uwr.edu.pl    elzbieta.biardzka@uwr.edu.pl

    Les propositions de communication (entre 200 et 300 mots), doivent indiquer clairement la problématique abordée, faire état des principaux résultats qui seront exposés dans la présentation, et être accompagnées d’une bibliographie sélective. Nous prévoyons des communications de 20 minutes suivies de 10 minutes de discussion. Notification : le 29 février 2024

    Programme provisoire : fin mars 2024

    Les droits d’entrée 180 euro/750 PLN : pour les doctorants 90 euro/350 PLN. Les droits couvriront les frais d’organisation (location de la salle d’inauguration, service informatique, matériel de bureau, les pauses-café) et les frais de publication (textes publiés sous condition de relecture positive en double aveugle).  Règlements de droits d’entrée : le 30 avril 2024 au plus tard.

    Comité Scientifique

    • Jacqueline Authier-Revuz, Université de la Sorbonne Nouvelle – Paris III
    • Hélène Barthelmebs-Raguin, Université du Luxembourg
    • Elżbieta Biardzka, Université de Wrocław
    • Marion Colas-Blaise, Université du Luxembourg
    • Claire Doquet, Université de Bordeaux
    • Anna Dutka-Mańkowska, Université de Varsovie
    • Béatrice Fracchiolla, Université de Lorraine 
    • Joël July, Aix-Marseille Université
    • Greta Komur-Thilloy, Université de Haute-Alsace 
    • Juan Manuel López-Muñoz, Université de Cadix 
    • Mairi McLaughlin, Université de Californie, Berkeley
    • Dominique Maingueneau, Université Paris-Sorbonne
    • Sophie Marnette, Université d’Oxford 
    • Patricia von Münchow, Université Paris Cité
    • Aleksandra Nowakowska, Université Paul-Valéry – Montpellier 3
    • Natalia Paprocka, Université de Wrocław
    • Alain Rabatel, Université de Lyon 2, 
    • Laurence Rosier, Université Libre de Bruxelles 
    • Justine Simon, Université de Franche-Comté
    • Elżbieta Skibińska, Université de Wrocław 
    • Kristiina Taivalkoski-Shilov, University of Turku

    Comité d’organisation 

    • Juan Manuel López-Muñoz, Université de Cadix 
    • Sophie Marnette, Université d’Oxford 
    • Laurence Rosier, Université Libre de Bruxelles 
    • Elżbieta Biardzka, Université de Wrocław
    • Piotr Chruszczewski, Université de Wrocław
    • Joanna Godlewicz-Adamiec, Université de Varsovie 
    • Joanna Jakubowska, Université de Wrocław Hanna Kost, Université de Lviv    
    • Patrycja Paskart, Université de Wrocław
    • Maja Pawłowska, Université de Wrocław
    • Agata Rębkowska-Kieseler, Université de Wrocław
    • Hela Saidani, Alliance Française de Tunis                                                                
    • Karolina Wojtczak, doctorante, Université de Wrocław
  • Appel à communication « Penser le style des littératures écrites et dessinées : pratiques de la greffe »

    Sorbonne Université, Paris —  le 31 mai 2024

    Propositions de communication à envoyer d’ici le 15 février 2024.

    Organisé par Clara Cini, Arianna Bocca-Pignoni, Norbert Danysz

    Source : https://www.fabula.org/actualites/117119/penser-le-style-des-litteratures-ecrites-et-dessinees-pratiques-de-la-greffe.html

    Résumé

    L’objet de cette journée d’étude consacrée à la stylistique sera d’examiner l’œuvre littéraire et bédéique en tant que corps textuel ou graphique composite, se construisant par ajouts d’éléments plus ou moins extérieurs, greffes ponctuelles ou structurelles, exhibées comme telles ou fondues à même le texte ou le dessin. Nous nous intéresserons tout particulièrement au phénomène de citation, selon une acception élargie.

    https://calenda.org/1112298
  • Appel à communication : « Male gaze, female gaze, feminist gaze, queer gaze: quel(s) style(s) pour les études de genre. XVIIIe-XXIe siècles »

    19 janvier 2024

    Organisé par Azélie Fayolle et Clément Dessy. 

    Source : https://www.fabula.org/actualites/116653/male-gaze-female-gaze-feminist-gaze-queer-gaze-quel-s.html

    Résumé

    Nouveau venu dans le vocabulaire des études de style, le concept de gaze connaît une actualité probablement favorisée par l’élargissement du cadre stylistique qu’il propose. Comme la manière, il est issu des études visuelles (cinématographiques plutôt que picturales), mais le regard qui le traduit charrie dans son sillage la vision du monde ou Weltanschauung qui inclut une portée épistémologique, voire politique ou philosophique – tout en favorisant des approches macroscopiques. Ce colloque propose d’ouvrir les questionnements et les méthodes de poétique et de stylistique au prisme du genre (sans oublier qu’il puisse croiser d’autres oppressions). Le gaze, comme le genre (littéraire), convoque un imaginaire du genre, dans un imaginaire genré des styles ; il permet de voir comment le texte fabrique son public des théorisations jusqu’aux réappropriations, construisant des généalogies comme des filiations et des communautés.

    source : fabula

    Modalités de contribution

    Le colloque aura lieu à l’Université libre de Bruxelles les 20 et 21 juin 2024. Il est soutenu par le laboratoire Philixte et le réseau STRIGES (Structure de recherche interdisciplinaire sur le genre, l’égalité et la sexualité) de l’ULB. Les propositions de communication (environ 500 mots) sont à envoyer à :

    avant le 19 janvier 2024. Les questions épistémologiques et les études de cas développant une perspective théorique seront privilégiées. Un avis sera communiqué aux auteur·rice·s avant le 9 février 2024.

  • Séminaire « Approches critiques des récits de transfuge de classe »

    Maison de la Recherche de Sorbonne Université (28, rue Serpente, 75006 Paris)

    Lien vers le descriptif du séminaire : https://www.fabula.org/actualites/113859/pour-une-approche-critique-de-la-notion-de-recit.html

    Egon Schiele, Portrait of a Woman, lithographie, 1910 (Metropolitan Museum of Art, New York)

    Séances du séminaire

    Séances ouvertes à toutes et tous sur inscription, en hybride, à Sorbonne Université, de novembre 2023 à mai 2024, à la Maison de la Recherche de Sorbonne Université (28, rue Serpente, 75006 Paris).

    Les séances auront lieu le jeudi ou le mercredi, de 16h à 18h30 environ :

    –          Jeudi 23 novembre 2023 : Introduction. Définitions et cartographie du concept de « transfuge ». Emmanuel Beaubatie, Karine Abiven, Laélia Véron

    –          Jeudi 07 décembre 2023, salle D040  :  « Anachronismes contrôlés » : (pré)histoire  du « récit de transfuge de classe ». Avatars anciens depuis Marivaux et Rousseau en passant par Vallès, Péguy et Poulaille.

    Jérôme Meizoz parlera de la posture des auteurs transfuges de classe, à la lumière deses analyses surRousseau, Vallès, Péguy et Poulaille.

    Jean-Christophe Igalens : « « Je n’ai jamais oublié cette scène là ». Du mépris dans le Paysan parvenu de Marivaux(au prisme des théories de la reconnaissance d’Axel Honneth) »

    Jean-Louis Jeannelle et Fanette Mathiot parleront de la figure de l’autodidacte : «Universités populaires et récits d’acculturation :  la tentative pour « aller au peuple »» 

    –          Mercredi 10 janvier 2024  : approches du « récit de transfuge de classe » en sociologie de la littérature. Isabelle Charpentier, David Vrydaghs, Paola Boué.

    –         Jeudi 1er février 2024  : Points de vue littéraire et stylistique sur les « récits de transfuges de classe ». Laure Depretto, Frédéric Martin-Achard.

    –         Jeudi 14 mars : Les « récits de transfuges de classe », le champ éditorial et le champ journalistique français. Avec Lionel Ruffel, Nassira El Moaddem.

    –        Jeudi 16 mai :  « Récits de transfuges de classe » et sociologie des mobilités sociales. Avec Annabelle Allouch, Cédric Hugrée.

    –         Jeudi 23 Mai : « Récits de transfuges de classe » internationaux et multilingues. Transfuges et translingues. Avec Sara de Balsi.

  • Poétique du naturalisme spiritualiste dans l’œuvre romanesque de Joris-Karl Huysmans, une trilogie de la conversion esthétique

    Poétique du naturalisme spiritualiste dans l’œuvre romanesque de Joris-Karl Huysmans, une trilogie de la conversion esthétique, Alice de Georges, Paris, Hermann éditeurs, coll. « Savoir Lettres », 2022.

    Dans les premières pages de Là-bas, Joris-Karl Huysmans appelle de ses vœux une esthétique romanesque nouvelle qu’il nomme le naturalisme spiritualiste. La tradition critique associe celui-ci à la conversion religieuse du romancier, mais elle s’est plus rarement interrogée sur sa conversion poétique, qui s’effectue dans et par l’écriture. Les configurations narratives, descriptives et stylistiques qui en découlent témoignent de changements formels, afin que s’épousent matière et spiritualité. Cette difficile incorporation prend trois formes.

    L’incarnation de l’esprit travaille la surface sensible en la décomposant ou en la doublant d’une épaisseur nouvelle afin de construire une narration en deux strates. La transsubstantiation, quant à elle, altère les paysages, les personnages ou les objets représentés, absorbant en eux l’érotisme comme le sacré. La transmutation, enfin, par l’art culinaire ou l’alchimie, convertit les matériaux disparates en une substance unique.

    Clef de voûte d’En rade, Là-bas et En route, le naturalisme spiritualiste concentre ses effets au cœur de cette trilogie de la conversion esthétique.

    https://www.editions-hermann.fr/livre/poetique-du-naturalisme-spiritualiste-dans-l-oeuvre-romanesque-de-joris-karl-huysmans-alice-de-georges

    Alice de Georges

    Alice De Georges est maître de conférences de littérature française habilitée à diriger les recherches à Université Côte d’Azur. Elle a consacré l’essentiel de ses travaux de recherche au roman du XIXe siècle et aux œuvres de Barbey d’Aurevilly et de Huysmans. Elle a publié Les Illusions de l’écriture ou la crise de la représentation dans l’œuvre romanesque de Jules Barbey d’Aurevilly (Champion) en 2007 et édité La Retraite de M. Bougran de Huysmans (Classiques-Garnier, 2019).

    Compte-rendu

    Compte-rendu publié dans Acta fabula (décembre 2022, vol. 23, n° 10): « La conversion du style de Joris-Karl Huysmans » par Carine Roucan

  • Le Style réactionnaire, de Maurras à Houellebecq

    Le Style réactionnaire, de Maurras à Houellebecq, Vincent Berthelier, Editions Amsterdam, 2022.

    En matière de littérature et de style, dit-on, les conservateurs révolutionnent et les révolutionnaires conservent. Les amis du peuple parlent le français de Richelieu, les amis de l’ordre jargonnent comme des Apaches. L’idée a la peau dure : remontant au moins à Stendhal, il n’est pas rare de la trouver sous la plume des réactionnaires d’aujourd’hui, chez Houellebecq, par exemple, qui fait dire à l’un de ses personnages que tous les grands stylistes sont des réactionnaires. La droite ferait passer le style avant toute chose. À preuve, Céline, dont il serait dès lors possible d’ignorer les idées antisémites et exterminatrices, ou du moins de les dissocier radicalement du style constitutif de sa grandeur.
    Or, Vincent Berthelier le montre, ce discours remplit historiquement une fonction politique. Il se solidifie après-guerre, chez des Hussards soucieux de minimiser l’engagement vichyste ou hitlérien de la droite littéraire et de réhabiliter leurs aînés en les présentant comme des stylistes.
    Plus largement, en étudiant un large corpus d’auteurs de droite et d’extrême droite, ce livre ambitieux voudrait repenser les rapports entre style, langue et politique. Il s’intéresse d’abord à la conception du style et de la langue défendue par certains écrivains, tout en proposant des analyses précises de leur écriture. À chaque étape, il s’agit d’explorer la problématique du style à partir des enjeux idéologiques du moment : dans l’entre-deux-guerres (Maurras, les puristes, Bernanos, Jouhandeau), dans la période de l’essor du fascisme et de la Libération (Aymé, Morand, Chardonne), enfin des années 1970 à nos jours, dans la période où s’élabore une nouvelle pensée réactionnaire (Cioran, Millet, Camus, Houellebecq).

    http://www.editionsamsterdam.fr/le-style-reactionnaire/

    Vincent Berthelier

    Vincent Berthelier est agrégé de lettres et docteur en langue française. Il est membre organisateur du cycle de séminaires « Les Armes de la critique ».

    Compte-rendu

    Compte-rendu de Sandra Poujat : https://www.fabula.org/actualites/109354/v-berthelier-le-style-reactionnaire.html

  • Des femmes et du style. Pour un feminist gaze

    « Des femmes et du style. Pour un “feminist gaze” », d’Azélie Fayolle, Éditions Divergentes, 2023

    Résumé

    Un spectre hante l’histoire de la littérature : des femmes écrivent, et sont (parfois) lues. L’histoire, s’écrivant de mémoire d’hommes, délaisse, néglige et relègue dans l’oubli les productions des femmes. Toujours ramenés au témoignage, si possible doloriste, et critiqués parce que « victimaires », les textes féministes ont pourtant une histoire et, disons-le, du style.

    Cet essai propose, d’un point de vue qui pourrait être celui d’une féministe découvrant le féminisme, un parcours à travers des genres et des œuvres littéraires où se construit quelque chose comme un feminist gaze. Plus engagé que le female gaze, il traduit en registres les émotions d’une vie de femme confrontée à la domination masculine, choisissant en réponse le rire, la révolte et l’utopie – toujours avec style.

    Azélie Fayolle

    AZÉLIE FAYOLLE est chercheuse en littérature, postdoctorante à l’Université Libre de Bruxelles et agrégée de lettres modernes. Sa thèse Ernest Renan : savoirs de la nature et pensée de l’histoire vient d’être publiée (Honoré Champion). Son projet FNRS, « Femmes, nature, discours », est consacré à l’étude des féminismes du XIXe siècle, à l’idée de nature et au statut discursif des textes protéiformes des féministes et, bien sûr, à leur(s) style(s). Elle anime par ailleurs une chaîne Youtube, Un grain de lettres.