Territoires et frontières du style : Quels (nouveaux) objets ? Quelles (nouvelles) manières ?

Actes parus dans la revue MALICE du CIEMAM (Aix-en-Provence, AMU)

Journée d’études Master-Doctorat « Jeunes chercheurs en stylistique AIS« 
Aix-en-Provence (AMU)
vendredi 3 février 2017
Maison de la Recherche du site Schuman d’Aix-en-Provence

Dans le cadre de la formation des étudiants de Master qui auront suivi le séminaire de stylistique au premier semestre du M1 et du M2 de Lettres modernes, l’UFR ALLSH de l’Université d’Aix-Marseille (AMU), le laboratoire du CIELAM (Centre interdisciplinaire d’étude des littératures d’Aix-Marseille) et l’AIS (Association Internationale de Stylistique) proposent une journée d’études aux doctorant-e-s en stylistique (les étudiant-e-s de 3eannée et au-delà seront prioritaires, mais nous examinerons également les propositions émanant de doctorant-e-s de 2eannée et de jeunes docteur-e-s ayant soutenu très récemment leur thèse.) sous forme de présentation de leurs travaux.

Les doctorants intéressés par cette rencontre sont priés de se faire connaître en indiquant en un résumé d’une à deux pages l’objet de leur thèse, l’objectif qu’elle poursuit, l’apport qu’elle propose d’apporter à la connaissance du sujet, les méthodes qu’elle utilise, les difficultés qu’ils ont rencontrées et peut-être surmontées. Nous comptons sur les directeurs de recherche pour transmettre cet appel à leurs étudiants les plus prometteurs.

Procédure :

Les propositions sont à envoyer conjointement pour le 10 novembre 2016 à :

Les doctorants retenus seront informés avant le 25 novembre. Il est prévu (sans être encore tout à fait certain) de dédommager les contributeurs pour les frais occasionnés (déplacements et éventuellement hébergement). Le repas de midi sera pris en charge. Les doctorants devront être membre de l’AIS. Une publication dans la revue électronique MaLiCe du CIELAM ou sur le site de l’AIS sera envisagée.

Cette manifestation accueillera en son sein une assemblée générale ordinaire de l’AIS et la plupart des membres du bureau seront présents. Tous les stylisticiens de notre réseau, au-delà de l’Université d’Aix-Marseille, sont cordialement conviés. Nos débats se dérouleront sous la présidence de Joëlle GARDES TAMINE, professeur émérite à Paris 4-Sorbonne, invitée d’honneur de cette journée.

Déroulement :

  • de 9h à 12h : de 3 à 4 doctorants
  • de 12h à 14h : repas
  • de 14h à 14h 45 : AG ordinaire de l’AIS
  • de 15h à 18h : de 3 à 4 doctorants

Le temps de parole des orateurs sera de 25 minutes et le temps d’échange avec le public dépendra du nombre d’interlocuteurs mais n’excèdera pas 20 minutes.

Processus :

Cette rencontre n’appelle pas d’argumentaire puisque son principal objet est précisément de donner la possibilité à des chercheurs d’exposer leur travail encore en chantier (ou de présenter des thèses récemment soutenues), d’offrir à leur auteur la liberté de confronter leurs conceptions, de partager leurs convictions et leurs interrogations avec d’autres chercheurs. Nous ne préjugeons, par conséquent, ni du périmètre de l’enquête, ni des thématiques, ni des problématiques ; nous jetons une sonde dans le réservoir. Il semble que la stylistique aujourd’hui ne soit dominée par aucune école et qu’aucun magistère ne s’impose ; cette journée est donc de nature prospective, et l’occasion de faire un point, de se demander où va la stylistique, si elle va quelque part, quel pourrait être son avenir : des tendances se dessinent-elles ? Les travaux récents s’inscrivent-ils avant tout dans la continuation de traditions bien établies ou proposent-ils des novations ? Comment se porte la théorie ? Quelle part lui est faite dans les pratiques ?

On se rappelle la fameuse et toujours problématique question Qu’est-ce que le style ? posée par Pierre Cahné et Georges Molinié, dans un ouvrage collectif qui a pris avec le temps l’autorité d’un classique ; on sait qu’elle en implique deux autres, tout aussi inquiétantes pour un esprit épris de rigueur : qu’est-ce que la stylistique ?à quoi sert-elle ? Plus de vingt ans après, un collectif L’Homme dans le style et réciproquement (PUP, coll. « textuelles », 2015), issu d’un colloque à Sfax intitulé lui-même Controverses sur le style, se nuance par un avant propos au titre très délicatement malherbien : « Style mon beau souci… », tous signes que les questions perdurent. Les doctorants sont donc invités à réfléchir aux inflexions que leur recherche les a conduits à enregistrer et qui concernent les enjeux et les méthodes de la stylistique contemporaine, celle qui se pratique (ou se cherche) depuis 1990 (repère commode) et l’essai toujours stimulant de Laurent Jenny, La Parole singulière.

On propose, mais sans exclusive, la mise en bouche suivante : Quels sont les échelles et paliers de pertinence retenus : genres, périodes, auteur, œuvre, texte… ? Quels rapports (de proximité ou de conflictualité) la stylistique entretient-elle avec ses disciplines voisines : l’éminente et toujours verte rhétorique (si tant est qu’il n’y en ait qu’une), la poétique, la linguistique textuelle, la sémiotique des textes, l’analyse du discours, la sociolinguistique, la linguistique tout court ? (La liste n’est pas limitative). De quelles influences la stylistique témoigne-t-elle aujourd’hui et comment a-t-elle évolué au contact d’autres disciplines (la concurrence avec l’Analyse du discours, avant tout) ou en tentant de répondre au développement de spécialités qui la concernent, voire la mettent en question (la génétique jouant à cet égard un rôle majeur) ? Où en sont ses rapports avec ses voisinages (la linguistique, la philosophie, l’anthropologie, la psychologie, les sciences cognitives…) ? En quoi l’objet d’étude choisi (qu’il soit littéraire, donc canonique, ou plus marginal : chanson, BD, scenario, sketch, productions dites populaires) infléchit-il les réponses à apporter à ces questions, voire les questionnements eux-mêmes ?

Les doctorants auront le soin d’apporter leur propre bibliographie et éventuellement de la commenter ; ils n’hésiteront pas à élaborer eux-mêmes leur propre parcours problématique, pour peu que celui-ci se positionne clairement dans le champ de la stylistique et s’interroge sur sa toujours précaire épistémologie. Nous nous contenterons, en guise de vademecum, d’indiquer quelques ouvrages récents, en plus des deux premiers volumes, issus des actes des colloques de l’AIS, parus aux PUR, coll. « Interférences », StylistiqueS ? en 2010 (L. Bougault, J. Wulf) et Le Style, découpeur de réel en 2014 (L. Himy-Piéri, J.-F. Castille, L. Bougault) :

  • Laurent Jenny (éd.), Le Style en acte. Vers une pragmatique du style, Genève, MétisPresses, 2011
  • Cécile Narjoux (éd.), Au-delà des frontières : Perspectives de la stylistique contemporaine, Francfort, Peter Lang, 2012 
  • Claire Badiou-Monferran, La Littéralité des belles-lettres. Un défi pour les sciences du texte, Paris, Classiques Garnier, 2013, et les autres titres de la collection « Investigations stylistiques » chez le même éditeur.
  • Éric Bordas, Georges Molinié (dir.), Style, langue et société, Paris, éd. Honoré Champion, 2015.

Stéphane Chaudier, Philippe Jousset, Joël July

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